Art, etc.


METAVILLA #5, Fabien Zocco, From the Sky to the Earth


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Pour cette nouvelle édition du projet Metavilla, toujours en vue d’interroger des notions de distanciation, de limites et de simultanéité, il s’agit de revenir à des axes fondamentaux en abordant la question de la technique et du numérique. From the Sky to the Earth décrit une installation vidéo de Fabien Zocco faisant intervenir un programme informatique et un système sonore. Une base de données sélectionne aléatoirement des noms d’étoiles, puis fait correspondre à partir de Google Street View une image partageant le même toponyme, tout en l’accompagnant d’une nappe sonore générée à partir de son indice colorimétrique.
Sans doute est-il toujours surprenant de constater ce que l’on projette à partir d’un nom, en particulier lorsque celui-ci se rapporte à une étoile inaccessible. En lui associant une réalité imagée, et donc en lui donnant corps, est ainsi pointée la dissociation entre représentations, imaginaires et expérience sensible. Le prisme de la technique agit ici de manière à souligner le caractère arbitraire de notre perception du réel, à travers l’acte qui consiste à nommer les choses, plus particulièrement encore lorsque ces dénominations arborent une dimension mythologique, sinon poétique. Il en résulte, dans le projet de Fabien Zocco, une déambulation connaissant son lot de projections, d’interprétations étranges, de fantasmes science-fictionnels peut-être, dès lors qu’un lieu, caractérisé par sa relative banalité – des habitations en rase campagne surplombées par un soleil luisant et des ciels étendus, des paysages isolés ou des quartiers pavillonnaires à la végétation paisible… – mais qualifié par une appellation astrale, semble renvoyer à une scène de la vie quotidienne que l’on suppose située sur d’autres planètes.
En conséquence, avec From the Sky to the Earth, nous percevons à quel point l’Ici et l’Ailleurs se bousculent, peut-être parce que la considération d’espaces éloignés se fait aussi à partir de projections infinitésimales mais personnelles, de manière à définir la singularité de notre façon de voir le monde. Pareillement, à mesure que notre modernité technique progresse, force est de constater combien notre perception sensorielle reste infléchie par des informations subalternes, tels que des chiffres ou des prétendues connaissances, oubliant que toute représentation passe sous silence une part d’impondérable que les mots ou les symboles ne traduisent pas.

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Courtesy : Fabien Zocco

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