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Philippe Parreno : Anywhere, Anywhere Out of the World

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Installation Petrouchka de Stranvinski, enregistré par Mikhail Rudy sur un piano Yamaha « Disklavier », Vue de l’exposition de Philippe Parreno, « Anywhere, Anywhere, Out Of The World », Palais de Tokyo, 2013.

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Vue de l’exposition de Philippe Parreno, « Anywhere, Anywhere, Out Of The World », Palais de Tokyo, 2013. Photo : Aurélien Mole.

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Zidane : un portrait du XXIème siècle, Vue de l’exposition de Philippe Parreno, « Anywhere, Anywhere, Out Of The World », Palais de Tokyo, 2013. Philippe Parreno, , 2006. © Philippe Parreno, Douglas Gordon.

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Zidane : un portrait du XXIème siècle, Vue de l’exposition de Philippe Parreno, « Anywhere, Anywhere, Out Of The World », Palais de Tokyo, 2013. Philippe Parreno, , 2006. © Philippe Parreno, Douglas Gordon.

L’exposition de Philippe Parreno au Palais de Tokyo nous invite à une déambulation multidimensionnelle où les axes de lecture se chevauchent aussi bien que les œuvres présentées sont protéiformes. De nombreux commentaires saluent la complexité du dispositif et la richesse des expériences proposées. D’autres au contraire soulignent l’absence de repère, la grandiloquence des effets de spectacle et le tumulte des signifiants.

Ce qui retient notre intérêt est la persévérance avec laquelle les projets présentés arborent une trame discursive alternant entre une sensation de contrôle, de précision, de haute-définition, et la vacuité des phénomènes voués à disparaître aussitôt apparus. Chacune des pièces et installations paraît s’agiter selon un rythme calculé qui pourtant s’étiole, se renouvelle et surprend au fur et à mesure que l’on progresse dans l’exposition. C’est ce qui explique qu’à maints égards, le Palais de Tokyo soit devenu une sorte d’organisme vivant qui respire, se contorsionne, varie selon les humeurs et les instants, tout en semant des impressions sollicitant chacun de nos sens. Comme dans le souvenir flou d’un vieux film – ou plutôt, un rêve, une hallucination, une fantasmagorie diligentée par la mémoire et l’oubli –, les images et les sensations nous imprègnent sans qu’on parvienne pour autant  à les recueillir. Certaines œuvres nous hantent – à moins que cela ne soit leur mode d’apparition – à l’image de cette mélodie évanescente qui rejaillit en tout lieu du bâtiment, instaurant une ambiance autour de laquelle le spectateur est invité à se construire des bribes de sensations glanés ici et là. Une trame sensorielle, diffuse et fantomatique semble persister, les œuvres explorent des univers composites qu’il faut rassembler comme les pièces d’un immense puzzle.

Dans l’immense espace qui suit, des images aussi imposantes qu’impressionnantes d’un nouveau-né qui se brouillent à mesure que l’on s’en approche. Nous constatons finalement que l’écran se compose d’une multitude de néons qui s’activent comme un immense panneau d’affichage hyper sophistiqué. L’image n’est plus vraiment une image, elle est le résultat d’un subterfuge technique qui sait inonder l’espace et le temps qui nous environnent, à l’instar de ce piano qui s’anime de lui-même pour jouer un mouvement du Petrouchka de Stravinsky, de cette pièce qui s’embrase d’une lumière phosphorescente, confirmant que les murs possèdent bien des secrets. Au sous-sol, la chorégraphie de sons crachotés par des néons dansants clame une autonomie créative où accords et désaccords peuvent déchirer l’obscurité de leur timbre fibreux et industriel. D’abord une concertation, puis une ouverture, et enfin, le concerto. Quelque chose articule l’ordre à l’aléatoire, l’instant se fait spatial, comme l’assurent ces ambitieuses projections démultipliées de Zidane qui quadrille le terrain de son regard, voit et anticipe, car rien n’est décidé à l’avance. Philippe Parreno parvient ainsi à produire une succession d’événements qui clignotent, meurent et se ravivent perpétuellement. L’exposition vit tout en passant à travers les règnes : à la fois machinique et organique, automatisée et créative, elle interroge à nouveau frais la relation que l’art et la technique ont toujours entretenue, dès lors qu’il s’agit pour l’un et l’autre de cohabiter afin de produire ces blocs de sensation propices à l’émergence de réalités aussi nouvelles que persistantes.

L’exposition Philippe Parreno. Anywhere, Anywhere Out of the World, au Palais de Tokyo, du 23 octobre 2013 au 12 janvier 2014.

Image de couverture : The Writer, Vue de l’exposition de Philippe Parreno, « Anywhere, Anywhere, Out Of The World », Palais de Tokyo, 2013. Philippe Parreno, 2007.