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Rituels & Sortilèges. Exposition au Musée Français de la carte à jouer

Le Musée de la carte à jouer présente le travail de douze artistes contemporains issus des Arches à Issy-les-Moulineaux. Partant du jeu de tarot et plus spécifiquement de son rapport à la divination, l’exposition Rituels & Sortilèges vise à explorer, à partir des arts plastiques, la part d’indicible et d’imperceptible qui anime nos sociétés actuelles. En cela, chacun des artistes s’appuie sur un aspect ésotérique ou occulte de l’univers de la carte à jouer afin de restituer, à partir de la peinture, de la photographie, de la sculpture ou d’autres démarches hybrides, des figures formelles réinterrogeant la relation entre art, iconographie et magie.
Relation complexe mais pourtant inhérente à l’histoire des représentations, si l’on en croit les peintures naturalistes qui ornent les grottes du Paléolithique en vue de convoquer des forces surnaturelles, les rites chamaniques faisant le lien entre l’homme et les esprits, ou les symboliques religieuses qui essaiment la quasi-totalité des civilisations. Dans cette optique, si l’on peut penser qu’il subsiste, sans doute, une part de magie dans les premières représentations picturales, les cartes à jouer semblent doublement fasciner car, outre l’étonnante diversité des iconographies développées au cours de l’histoire – ainsi que le montrent les collections du Musée de la carte à jouer –, elles investissent également une dimension ludique supposant, chez les joueurs, la nécessité de réguler les aléas et les circonstances, tout en se conformant à un système de règles. Ainsi, dans le projet de conjurer le mauvais sort ou de canaliser des forces incomprises, il s’avère tentant de rapprocher la notion de jeu de celle de rituel, rappelant que toute activité sociale et institutionnelle se consolide autour de ses rites, mais aussi et surtout autour de ses jeux.
Dès lors, le Musée de la carte à jouer constitue un cadre éminemment propice à des expérimentations plastiques s’attachant à relever le pouvoir d’évocation parfois inexpliqué des formes et des images, tout comme l’importance que ces dernières arborent au regard du monde qui nous entoure. Dans le cadre de l’exposition Rituels & Sortilèges, il s’agit pour chacun des artistes présentés d’insister aussi bien sur le caractère magique des artifices et des phénomènes illusionnistes que sur la dimension ludique de notre modernité. À mi-chemin entre science et croyance, esthétique et anthropologie, l’exposition aspire ainsi à revisiter ce qu’il subsiste aujourd’hui d’envoutant et de mystérieux, en soulignant ce qu’il reste des rites et des jeux, ou en sondant les forces somnolentes qui nous traversent.

(toutes les images : courtesy les artistes ; photos : Sandrine Elberg et moi-même).

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Brankiça Zilovic, Le Roi, 2016.

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Brankiça Zilovic, Le Roi, 2016.

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Son Seock, L’Attente, 2012.

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Son Seock, L’Attente, 2016.

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Agnès Pezeu, Corpuscules, 2016.

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Agnès Pezeu, Corpuscules, 2016.

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Philippe Fabian, La Tour & Dans les forêts, 2016.

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Sandrine Elberg, Orphée, 2016

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Sandrine Elberg, Orphée, 2016.

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Nadya Bertaux, L’Illusion du vent, 2016.

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Nadya Bertaux, L’Illusion du vent, 2016.

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Park Inhyuk, Sans titre, 2016.

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Stéphanie Guglielmetti, (Re)prendre la main, 2016.

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Florentin Tanas, Sculpture magique, 2016

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Jang Kwangbum, sans titre, 2016.

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Jang Kwangbum, Reflets, 2016.